Saint-Georges-de-Didonne - N°159 - Avril/Mai 2019

Créa : objectif 2 000 adhérents en 2020

Changement de présidence à Créa. Fraîchement élu à la tête de l’association culturelle saint-georgeaise lors de la dernière assemblée générale, François de Sariac prend la barre dans un contexte budgétaire délicat. Après une année 2018 conclue avec un déficit de près de 37 000 €, l’heure est à la recherche d’une stabilité financière. Pour autant, il n’y a peut-être jamais eu autant de nouveautés qu’en cette saison 2019. Elle préfigure un nouvel élan pour Créa, qui vise le cap symbolique des 2 000 adhérents. Entretien.  

La Côte de Beauté – Créa a connu une baisse de fréquentation en 2018, avec 6 481 spectateurs contre 7 020 l’année précédente. Comment l’expliquez-vous ? 

François de Sariac – On a subi un mois de juillet compliqué. Notamment en raison de la Coupe du monde de football. La météo ne nous a pas aidés non plus, tout comme les problèmes de climatisation au Relais de la Côte de Beauté. Les conditions d’accueil n’étaient pas bonnes. Nous avons fait -20% par rapport aux mois de juillet habituels. 

Ce n’est donc pas forcément dû directement à la programmation.

Nous allons quand même refaire une enquête pour voir ce qui plaît aux gens. Une sorte d’état des lieux de la prestation que l’on offre pour être sûr de ne pas se tromper de cœur de cible. Nous mettons beaucoup l’accent, qui plus est avec la reprise du Cristal à Ronce-les-Bains, sur le cinéma «Art & Essai». Il montre des choses de la vraie vie. C’est une manière de documenter les spectateurs, leur donner envie de voir cet éventail de culture du monde entier avec des images extraordinaires. Des images qu’on ne voit nulle part ailleurs. Mais il faut faire attention à ne pas trop les perturber avec trop d’innovations. La jauge, c’est un tiers de nouveautés tous les ans. 

Comment abordez-vous cette saison 2019, déjà bien entamée d’ailleurs ? La pérennité de Créa peut-elle être remise en cause ?

Non. Il s’agit d’une contre-performance. Il n’y a pas péril en la demeure. J’ai une expérience de gestionnaire, 34 ans dans un groupe américain. Il faut savoir ronger son frein. 2019 est une année de mutation, avec un double défi : stabiliser les finances, en continuant à développer Créa. Mais il faut être réaliste. Avoir l’ambition de nos moyens pour rebondir et se donner les moyens de nos ambitions. Le but, c’est d’inverser ce sens en une année. 

Quelle est la première tendance, avec un recul de quelques semaines ?

La saison démarre très bien. Le dosage des spectacles a été revu à la baisse. Créa prend moins de risque au niveau des cachets. Pour être sûr de retomber sur nos pattes. On est confiant et sur la bonne voie. 

Vous évoquiez la reprise du cinéma Le Cristal à Ronce-les-Bains. Il a rouvert ses portes au 30 janvier dernier, désormais porté par Créa (CB n° 158). C’était une «simple» opportunité ou une décision purement liée à ce déficit généré en 2018 ? 

Non, rien à voir avec le déficit. La mairie de La Tremblade nous a approchés, après le départ à la retraite de Christian Bourroux. Créa a une trésorerie à part pour Le Cristal, et a embauché deux femmes projectionnistes. Concrètement, si le cinéma fait profit, il ne va pas éponger les potentielles dettes de l’association à Saint-Georges-de-Didonne. On est très clair là-dessus. A Ronce, l’objectif est d’être en auto-financement pour dégager des moyens destinés à un lifting total du cinéma. Et de sa visibilité extérieure. 

Y a-t-il un calendrier déjà fixé pour ces travaux de modernisation ?

Pas encore. On attend avec impatience la haute saison. On est dans une saisonnalité très creuse pour l’instant. Mais le bouche à oreille fonctionne déjà très bien dans la presqu’île d’Arvert. On table sur 18 000 entrées par an. Ce n’est pas aberrant. Ce cinéma a vraiment un énorme potentiel. 

Vous y avez d’ailleurs proposé la retransmission en direct du spectacle de l’humoriste Blanche Gardin depuis Paris, le 21 mars dernier, lors d’une séance unique.

C’est une nouveauté ! On s’équipe d’antennes paraboliques pour retransmettre, en direct ou en différé, des spectacles ou des conférences France Inter. Sur des thématiques scientifiques, par exemple. Créa veut vraiment créer l’évènement à Ronce. Ça passe aussi par la programmation d’avant-premières. Comme fin février avec Le mystère Henri Pick.

Créa délocalise aussi, en cette nouvelle saison culturelle, certains spectacles à la salle des fêtes de Breuillet. Pourriez-vous envisager de vous étendre encore davantage sur le Pays royannais ou même au-delà ?

Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et faire de Créa une organisation tentaculaire. Attention à ne pas épuiser ou même écœurer nos bénévoles qui sont déjà régulièrement à pied d’œuvre. Breuillet, il s’agit d’un essai. On cherche l’émergence d’un nouveau public. L’idée, c’est de s’inscrire dans la durée. Mais les spectacles à Breuillet ne doivent pas générer de pertes. 

Vous parlez de pertes. L’édition 2018 du festival «Humour & Eau Salée» en a justement généré...

Certains spectacles étaient trop excentrés. Ceux proposés au stade Colette-Besson. Ils n’ont pas eu le succès envisagé. Cette année, on va se recentrer sur le Relais, son parvis et la plage. On conserve bien sûr le lieu près de l’église et du centre. 

Le Relais va faire l’objet d’importants travaux de modernisation (voir encadré). C’est forcément positif pour Créa.

L’idée, c’est de rendre la salle Bleue polyvalente entre spectacle et cinéma. La capacité ne sera pas augmentée mais on va l’équiper pour la projection de films. Il sera ensuite possible de relooker la salle Jacques-Villeret. Notamment les sièges. Ça vieillit. La billetterie sera déplacée. Nous proposons d’ailleurs une billetterie en ligne, depuis quelques mois.

Combien d’adhérents compte Créa au sortir de cette saison 2018 délicate ?

Près de 1 400. Certaines personnes ont déjà pris leur abonnement à Ronce, donc on devrait atteindre un très bon chiffre d’ici fin 2019 et sans doute dépasser les 1 500. On avait, entre guillemets, touché le fond en 2017 et 2018. A l’époque des spectacles proposés à l’espace Colette-Besson, Créa comptait 2 400 adhérents. Le cap à se fixer, c’est de revenir à 2 000. C’est jouable pour fin 2020 avec les deux belles armes, ou plutôt externalisations, que sont Breuillet et Le Cristal. 

Le projet de salle de spectacle intercommunale fait partie des priorités fixées par le nouveau directeur de l’office de tourisme Royan Atlantique. Saint-Georges-de-Didonne se positionne d’ailleurs pour l’accueillir (CB n° 158). Quel regard porte l’association sur ce dossier ? 

Il fait moins peur qu’avant. On avait peur que cette salle de spectacle nous «cannibalise». Mais, en réalité, elle ne nous fera pas de concurrence. Elle devrait accueillir de nombreux congrès et séminaires. Nous sommes complémentaires. 

N’y a-t-il pas d’ailleurs une opportunité pour Créa de se greffer au projet pour y jouer un rôle particulier ?

C’est certain. Créa pourrait y proposer des spectacles ponctuels. Avec une scène beaucoup plus adaptée, on peut faire venir une pointure.

 

Photo : Jean-Paul Naud, qui présidait l’association depuis 2017, passe la main à François de Sariac (à gauche), bénévole depuis plus d’un an et adhérent de Créa depuis 2011. (© Créa)


600 000 € de travaux au Relais

L’opération de modernisation du Relais de la Côte de Beauté se déroulera en plusieurs phases, pour un budget total de 569 600 € HT. Si aucun calendrier précis n’est encore fixé, les premiers travaux devraient être entrepris en fin d’année. Le chantier est éligible à des subventions européennes (FEDER), nationales (DETR et CNC) et régionales. Un tiers du montant des travaux restera à la charge de la commune, soit environ 181 000 €.

 

 

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