Culture - N°115 - Décembre/Janvier 2012

Livres

 

Cuisine atlantique, recettes exquises de poissons et crustacés, Bénédicte Baggio-Catalan et Bénédicte Salzes, éd. Sud-Ouest, 96 pages, 15 €

A la fois livre de cuisine et compilation de reportages sur tout ce qui gravite autour de la pêche, cet ouvrage offre une balade iodée entre La Rochelle et le Pays basque. Dans chaque territoire atlantique (au large de La Rochelle, des îles charentaises à l’embouchure de la Gironde, de l’estuaire au Bassin d’Arcachon, le Bassin et au-delà des passes, la côte landaise et en Pays basque), les auteures invitent à une promenade en bord de mer, à la rencontre de personnalités de ce milieu mal connu que sont pêcheurs, poissonnière ou autre ostréiculteur. En découlent une quarantaine de recettes fraîches, simples et iodées qui ont toute pour point commun de respecter saisonnalité et proximité.

 

Royan Regards croisés, Guy Binot, éd. Alan Sutton, 128 pages, 21 €

L’idée de confronter des cartes postales anciennes avec des photographies récentes est très parlante pour constater les (r)évolutions que subit notre environnement. C’est particulièrement vrai pour Royan, qui a subi non seulement l’évolution naturelle au fil des années, mais également une destruction quasi totale de son centre à la fin de la Seconde Guerre mondiale puis un essor amplifié par le développement de l’activité touristique. Difficile d’imaginer Royan avant ces événements. A quoi pouvait ressembler le front de mer avant qu’il ne soit reconstruit par l’urbaniste Claude Ferret après-guerre ? Qui peut croire que les rues Gambetta et République étaient autrefois des artères si étroites ? Guy Binot, auteur de nombreux ouvrages de référence sur Royan, explique ces changements à l’aide de photographies prises sous le même angle que les cartes postales anciennes présentées.

 

Lumières sur le​ Médoc, Jean-Pierre Poussou et Jean-Joël Le Fur, éd. Sud-Ouest, 92 pages, 15€

Certes, on change de département, et même de région, mais il suffit d’une traversée de 30 minutes à partir de Royan pour rejoindre le Médoc, de l’autre côté de cet estuaire de la Gironde, le plus vaste d’Europe. Et le dépaysement n’est tout d’abord pas total puisque l’on retrouve, en mer, le phare de Cordouan et, côté estuaire, les nombreux carrelets. Ensuite, cela change un peu plus, avec cet océan de vignes sur la rive gauche de la Gironde, parsemé de châteaux aux noms prestigieux – Latour, Margaux, Lafite... En s’enfonçant encore un peu plus loin dans les terres, on découvre le Médoc des étangs et des landes puis encore de l’eau, celle de l’océan Atlantique. C’est à la découverte de cette diversité de paysages, et aussi d’histoires, que nous invitent les auteurs Jean-Pierre Poussou (professeur d’histoire à Paris IV-Sorbonne) et Jean-Noël Le Fur (photographe). On découvre des modes de vie, une architecture et un patrimoine naturel d’une grande richesse. Jean-Pierre Poussou revient également sur l’essor balnéaire de la côte atlantique qui est lié à l’arrivée du train de Bordeaux, en 1874, complétée l’année suivante par la liaison avec Le Verdon, qui permettait ainsi de venir en train ou en bateau, à destination d’abord de Soulac. 

Le développement de cette pointe de terre s’est fait avec trois éléments essentiels : la mer pour l’activité touristique balnéaire, le fleuve pour l’activité économique et la terre pour l’agriculture viticole. Les auteurs nous invitent à (re)découvrir ce Médoc grâce à ce beau livre.

 

Un marin​ charentais autour du monde Elie Auriau (1819-1859), Jacques Ducoin, éd. Le croît vif, 219 pages, 22 €

Elie Auriau (1819-1859) est un capitaine au long cours, mort dans sa quarantième année d’une épidémie de choléra à Zanzibar. A travers son itinéraire, qui commence en Seudre, c’est l’histoire du milieu maritime des côtes de Saintonge et de la construction navale bordelaise sous le Second Empire que l’on suit, à la découverte du commerce marseillais de l’arachide du Sénégal, les ports exotiques de l’océan Indien, le trafic des esclaves indiens venus remplacer les Africains dans les plantations, la ruée vers l’or de Californie ou encore la pêche à la baleine au temps de Moby Dick. C’est l’occasion de parcourir quelques pages parfois glorieuses, parfois sombres, du commerce maritime et du destin de l’empire colonial naissant, au lendemain de l’abolition de l’esclavage. A partir de souvenirs familiaux confirmés par de nombreux documents d’archives, l’auteur reconstitue les voyages du capitaine Auriau et fait revivre de façon passionnante le parcours du marin charentais, dont la fin fut tragique. L’ouvrage comporte des témoignages inédits et de nombreux documents d’archives (cartes, cartes postales, gravures...). Ce livre se lit comme un roman. On baigne dans l’aventure maritime d’autrefois, entre cap Horn et océan Indien. On apprend les conditions matérielles de navigation dans les années 1850 et on découvre la description colorée des sociétés peuplant les escales sur les différents continents. L’auteur, Jacques Ducoin, est docteur en histoire, spécialisé en histoire maritime et coloniale.

 

 

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